congrès boréal…
Je profite du fait que j’ai un blogue pour atténuer un peu mon angoisse
J’ai été invité, cette année, a participer à un panel au congrès boréal. Je me suis dit que, histoire de me préparer un peu, présenter le sujet sur mon blogue serait une bonne idée. Je ne voudrais pas brûler le sujet, mais en même temps, ce n’est pas comme si le monde entier visitais mon blogue
Alors voila la question dont j’ai hérité:
Comment s’y prendre pour intégrer la magie, le fantastique, dans une fiction tout en restant crédible aux yeux du lecteur?
Je retourne la question à l’envers: qu’est-ce qui fait qu’on décroche d’une histoire magique? et comment l’éviter?
Selon moi, il y a quelques éléments de réponses putot élémentaires… c’est ce qui m’angoisse d’ailleurs, parce je pense que tout le monde doit déjà savoir ca… en tout cas.
Premièrement, la cohérence… en fait ce point se résume à: ce n’est pas parce qu’une histoire est bourrée de magie qu’elle échappe aux règles de l’art. Les éléments présentés doivent servir au récit, les personnages être profond, l’histoire originale et surprenante…
Aussi, il y a l’originalité de la magie elle-même. Je crois qu’une fireball, ou un sort de sommeil, est plus vulnérable au jugment du lecteur ( donc au décrochage) que de la magie vraiment originale. Comme, disons, un pouvoir magique lié aux bulles de savon ( One Piece
En lisant ce genre de magie, on est emporté par l’univers audacieux, au lieu de se poser des questions à propos de l’inspiration faible de l’auteur. On lui laisse sa crédibilité.
Autre point que je juge important: sentir un pool limité de pouvoir. J’aime sentir qu’il y a une limite aux pouvoirs des personnages. Qu’ils ont leur spécialité, leur force, et aussi leur faiblesse. Et surtout, j’aime sentir que, même si je peux être surpris, je connais la majorité des sorts et créatures magique de l’univers présenté. Si, au moindre obstacle, on me sort un griffon parlant enchanté, ou une bibitte doooon pratique pour surmonter, justement, cet obstacle, je décroche. Je veux pouvoir me dire que je pourrais trouver un bestiaire de l’univers, ou encore un livre des sorts. Et non pas que l’auteur les invente à mesure, au fil des ennuis que le personnage principal rencontre.
J’ai d’autres points, mais je m’en garde pour le congrès. Alors, qu’en pensez-vous?
5 mai 2011 à 04:22
Deux influences à éviter à tout prix dans ton évocation de la magie.
1- Celle du cinéma ou de la télé. Il ne faut pas que tu décrives un effet ILM, comme le lancement d’une «boule» de magie ou quoique ce soit. (Oui j’ai déjà lu ça, non seulement dans des manuscrits mais dans des livres publiés.)
2- Celle des jeux (tant jeux de rôles que jeux informatiques). Donc il ne faut pas qu’on devine les capacités chiffrées du personnage ou le compteur au bas de l’écran.
L’écriture a son propre génie (dans le sens d’«ingéniosité», «ingénierie», pas dans le sens de «talent exceptionnel»). Tu évoques les limites de la magie. Joël Champetier, pour ne citer que lui, parvient très bien à les établir sans jamais évoquer une jauge où l’on verrait baisser la quantité restante d’énergie. Et sans effets spéciaux non plus.
Voir aussi Ursula Le Guinn, Élisabeth Vonarburg… En les lisant on voit se déployer tout le potentiel de la littérature, on n’a pas l’impression de lire l’adaptation imprimée d’un autre médium.
5 mai 2011 à 13:35
Ce que j’en dis? Arrête de stresser, ça promet d’être très instructif! Bien, au moins pour une personne : moi!
J’espère que l’heure de ton pannel coïncidera avec mes moments de présence sur place… J’y serai samedi et dimanche, alors il y a de bonnes chances!
6 mai 2011 à 04:15
ben non, je suis prévu pour le vendredi soir….
Mais merci, sérieusement!!! c’est gentil!
9 mai 2011 à 06:22
Flûte! Impossible d’être là vendredi… Bon, tant pis! Tu nous raconteras comment ça a été sur ton blogue!
9 mai 2011 à 13:06
Moi je dirais que l’important c’est que la magie ne soit pas “facile”. Le Guin citée par Daniel est un bon exemple : on sent que sa magie a des règles, des limites, on les sent et on les comprend.
Je pense que tout auteur doit s’écrire les règles de son propre système de magie avant de commencer à écrire et ne pas tricher lorsque son personnage est pris dans une situation où ses pouvoirs ne fonctionnent pas!
10 mai 2011 à 15:43
oui, en fait c’est comme toute forme de récit… la tricherie est toujours malvenue. Les règles s’appliquent autant au récit “conventionnel” qu’à celui du genre fantsatique, fantasy ou autre.