Les chemins battus sont battus profondéments

Je suis allé voir “Inglorious bastards” à sa sortie. Une chose m’a marquée:

J’étais vraiment stressé pour les personnages. Je ne savais pas du tout pourquoi j’embarquais autant, mais j’avais réellement peur pour eux. Puis, après le film, en y repensant, j’ai compris pourquoi. On voit très tôt durant le film que Tarantino fait ce qu’il veut avec son cinéma. Du moins, on le sent. On ne s’attend pas à ce que le film finisse avec le super gars qui a sauvé la super fille, qui quitte la scène avec fond d’explosion- sans-qu’on-la-regarde, et qui est tellement cool… (attention les sarcasmomètres ici) Non. On sait que le danger est réel.

Dès le départ une sorte de contrat est passé avec le récit, et on comprend qu’il peut se passer n’importe quoi. On sait, du petit promontoire qui n’est pas complètement engouffré par le récit quand on écoute un film, que celui qui a créé cette histoire peut, au besoin, tuer les personnages qui ont besoin de mourir et faire échouer ceux qui le doivent. C’est justement ce qui est intéressant. Ce qui a rendu ce film si trépidant, pour moi, est de savoir que je pouvais faire confiance à celui qui me racontait. En fait, je savais que je ne pouvais PAS lui faire confiance, parce qu’il ne respecte pas les conventions bidons qui font passer les héros par les éternels mêmes trajets. Ce simple fait rend le film intéressant d’amblée. On devine dès les premieres secondes, dès la premiere réplique a qui on a affaire.

“Je t’ai déja vu trois cents fois” ou bien: ” Tiens? On ne nous a pas encore présenté?”

Savoir que les surprises seront de la partie. Voila ce qui, selon moi, me fait aimer un film avant même de l’avoir vu. Savoir que l’histoire ne se pliera pas aux structures tellement usées, ou le méchant est vaincu parce qu’il est un imbécile, et ou le méchant est simplement méchant sans vraie motivation, et ou personne ne semble avoir la liscence nécessaire pour tirer sur le héros ou ses amis et le toucher… Nous conaissons ces conventions, et elles ont perdu toute saveur ( si tant est qu’elles en ont déja eu une).

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