Quand j’ai commencé à écrire, j’étais vraiment pété. Je ne lisais pas tellement, je ne conaissais pas les critères des éditeurs, je ne faisais aucune réécriture…Je faisais donc ce que je voulais, comme je le voulais. C’était parfois pénible pour mes lecteurs…
au fil du temps et des refus, j’ai compris petit à petit ce qui était apprécié dans le domaine. Chaque personnage doit servir à quelque chose. Ne jamais se répéter, autant sur l’aspect narratif que littéraire. Avoir un fin satisfaisante. Donner la main à son lecteur. Etc.
J’en suis venu à déprécier mon style de départ. Par conséquent, mes textes gagnaient en structure, mais s’éloignaient de ce que je faisais à la base: m’amuser. Et ces derniers temps, des textes que j’ai écrit simplement pour le plaisir se font remarquer, et même publier. Quand, au contraire, les textes que je m’efforçaient de rendre “standard” sont restés oubliés.
Non seulement c’est extrêmement encourageant, mais ça me fait aussi réfléchir sur la question du plaisir qu’on trouve à écrire, et même à toute forme d’art. Si le coeur n’y est pas, non seulement le texte sera moins senti, mais aussi, je crois, l’auteur aura moins envie de pousser ce texte à ses limites. Et une fois terminé, n’aura peut-être pas la passion nécessaire pour le présenter à des lecteurs.
Et après tout, quoi que l’on fasse, il y a toujours des gens qui aiment et des gens qui n’aiment pas. Alors aussi bien croire à ce que l’on fait et écrire avec un sourire dans la tête.